Depuis plusieurs années, la Fédération des Vosges pour la Pêche et la Protection du Milieu aquatique mène une politique volontariste d’intervention sur les milieux et les populations par le biais d’études visant à améliorer ses connaissances.

Pour y parvenir, la Fédération peut être amenée à conduire sur l’ensemble du département vosgien :

pêche inventaire piscicoleDes inventaires piscicoles par pêche à l’électricité. Le principe de la pêche électrique consiste à générer un champ électrique continu entre 2 électrodes : 1 cathode fixe et 1 anode mobile manipulée par l’opérateur. Les lignes de champs équipotentielles se propagent de la cathode vers l’anode. Ces lignes de champs concentriques se resserrent dans un rayon d’action de 1 m autour de l’anode. Dans cette zone, les poissons subissent une différence de potentiel électrique (entre leurs 2 extrémités), ce qui induit chez ces derniers, un comportement dit de « nage forcée ». Ce comportement résulte de la perturbation du système nerveux qui entraine une contraction musculaire incontrôlée chez le poisson en direction du courant électrique : zone de galvanotaxie. (Les zones les plus éloignées de l’anode ne sont pas perçues par le poisson : zone d’indifférence. Les zones proches de la zone d’action sont appelées zone de fuite. Les poissons ressentent un léger courant électrique, trop faible pour perturber leur nage).Les poissons attirés par le champ électrique sont alors capturés à l’aide d’une épuisette, stockés, puis redirigés vers l’atelier de biométrie où ils seront identifiés à l’espèce, comptés et mesurés avant d’être remis à l’eau (sauf pour les espèces indésirables où la destruction est obligatoire). La pêche électrique est peu nocive pour les individus mis en évidence. Elle permet de par sa faible sélectivité, de capturer toutes les espèces de poissons susceptibles d’être présentes dans le cours d’eau.

Inventaires des frayères. L’article L.432-3 du code de l’environnement réprime la destruction des zones de frayères et des zones de croissance et d’alimentation de la faune piscicole lorsque l’acte de destruction s’exerce en dehors de toutes autorisations ou déclaration dont les prescriptions ont été respectées ou en dehors des travaux d’urgence.

L’article R.432-1-1 distingue les trois inventaires départementaux (Listes) à établir pour :

Liste 1: les frayères susceptibles d’être présentes au regard de la granulométrie du fonds du cours d’eau (approche probabiliste) ;

Liste 2 poissons: les zones définies à partir de l’observation de la dépose d’œufs ou la présence d’alevins (approche déterministe) ;

– Liste 2 écrevisses:les zones d’alimentation et de croissance de crustacés.

– Des prélèvements de macroinvertébrés benthiques (IBGN, IBGN « DCE compatible »). Les macroinvertébrés benthiques sont considérés comme de très bons indicateurs biologiques de par leur caractère sédentaire marqué et leur dépendance à un certain type de substrat. Etant donné leur faible capacité de déplacement, ils sont représentatifs des conditions environnementales d’un milieu donné. La grande hétérogénéité de taxons (exigences écologiques et traits de vie différents) de macroinvertébrés benthiques augmente la probabilité qu’au moins certains de ces organismes puissent réagir à des modifications de l’environnement. La longue durée de vie associée au caractère ubiquiste (présents dans la majorité des milieux aquatiques) leur confère une capacité à présenter des réponses variées selon l’intensité et la nature de la perturbation. L’utilisation d’indice biologique du type IBGN permet de fournir une information synthétique par l’obtention d’une note sur 20, reflet de la qualité du milieu.

Des prospections « écrevisses ». Le département des Vosges abrite historiquement trois espèces d’écrevisses autochtones : l’Ecrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes), l’Ecrevisse à pattes rouges (Astacus astacus) et l’Ecrevisse des torrents (Austropotamobius torrentium).Depuis des années, le réseaux hydrographique lorrain subit de nombreuses perturbations physiques, chimiques et biologiques notamment par l’introduction d’espèces originaires d’autres continents entrainant une baisse de diversité spécifique, d’habitats, et un appauvrissement génétique. Les Ecrevisses des torrents, à pattes blanches et à pattes rouges, espèces aux spectres de tolérances faibles vis-à-vis de ces perturbations, ont subi et subissent encore ces différents types d’agressions portées sur les milieux aquatiques. La Fédération de pêche des Vosges se trouve ainsi confronté à une double problématique visant à la fois à améliorer l’état des connaissances sur la distribution des espèces autochtones et limiter l’expansion des espèces exotiques. Les inventaires astacicoles menés actuellement font suite à l’étude « Etat des connaissances sur la distribution des différentes populations d’écrevisses en Lorraine » (BOISMARTEL M., POMMERET P., 2011 : Fédération de Lorraine pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique).

Des suivis thermiques. La température de l’eau est un facteur déterminant de la qualité du milieu aquatique vis-à-vis du poisson et en particulier des salmonidés, familles très exigeantes pour des températures froides.

Ainsi, il est possible d’évaluer les potentialités piscicoles ainsi que les conséquences biologiques potentielles, des caractéristiques thermiques des eaux de surface. Dans le cas des salmonidés qui affectionnent préférentiellement les eaux froides, les dangers sont liés essentiellement à une élévation des températures durant la période estivale. Cependant, des valeurs froides extrêmes en période hivernale peuvent compromettre la réussite de la reproduction naturelle (maturation, déroulement du frai, développement embryonnaire).

La température agit directement sur le métabolisme des poissons et influence positivement ou négativement la croissance et le développement. Elle a également des effets indirects sur les autres paramètres physicochimiques (oxygénation, pollution), sur les biocénoses dont les invertébrés benthiques (faune nourricière) et sur les agents pathogènes (infection, prolifération). Pour apprécier le profil thermique d’un cours d’eau, la Fédération s’est équipée de thermographes enregistreurs de type ®HOBO©.

Par ses compétences variées  et ses connaissances acquises au cours des années sur les cours d’eau du département, la Fédération est considérée comme un acteur incontournable dans la gestion des milieux aquatiques. Ponctuellement, la Fédération peut également être amenée à réaliser différentes opérations (études piscicoles et astacicoles, IBGN, …) pour le compte de collectivités territoriales ou d’organismes privés, ce qui témoigne de la confiance qu’elle dégage.