Le soleil est au beau fixe et les rives du Durbion sont calmes. Le temps est propice à la pêche et la petite dizaine d’adeptes de la canne venus tenter leur chance ce jour-là ne diront pas le contraire. Répartis sur les berges à l’aval du pont de Vaxoncourt, les pêcheurs en herbe cherchent à appâter le carnassier avec un succès somme tout relatif… « Je n’ai attrapé que des branches », s’amuse l’un des jeunes inscrits à la session du jour. Objectif double depuis plus de dix ans maintenant, la fédération vosgienne anime une école de pêche maintenant appelée « atelier pêche nature ».

Une démarche qui permet d’initier les enfants et adolescents à la pratique, en les encadrant par des intervenants. Dans les Vosges, il en existe huit, réparties un peu partout dans le département et gérées localement par les AAPPMA (Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique) ou la fédération. Et les objectifs sont divers. D’abord, il s’agit de transmettre la discipline à la nouvelle génération. « Si les enfants commencent à pêcher en étant jeunes, ils y reviendront plus tard. À l’adolescence, beaucoup arrêtent car il y a les études, les copines, le scooter… Mais une partie y revient plus tard. L’essentiel étant de les faire goûter à la passion quand ils sont petits », explique Sébastien Thiriet, agent de développement à la fédération qui, aux côtés de Yannick Lemercier, anime l’école de pêche aux alentours de Nomexy. Le second volet de la démarche est pédagogique. « Il y a un objectif de sensibilisation des enfants sur le caractère fragile du milieu aquatique. On leur apprend à être des protecteurs de la rivière car, les poissons sont un indicateur du bon état des eaux », poursuit Sébastien Thiriet.

Âgés de 8 à 14 ans, les jeunes se retrouvent chaque mercredi sur les berges vosgiennes avec un pic d’intérêt situé entre les mois de février et juin. Ils y apprennent les bons gestes, les bonnes techniques et l’utilité d’user du matériel adéquat. Surtout, ils attrapent le virus de la pêche qui, dès lors, les accompagnera souvent une bonne partie de leur vie.