JE SUIS PECHEUR : « Je Vois la Vie en Vosges »

« Que d’EAU … enfin ! »

Quand prendrons-nous enfin conscience qu’il faut que l’eau s’infiltre dans le sol où elle tombe et non pas l’envoyer chez le voisin à l’aval au plus vite ?

Lors de précédents éditoriaux, je souhaitais … de l’EAU !

Cette lettre fédérale est l’occasion de revenir sur les causes et les conséquences de ces épisodes de crues.

Bien sûr les médias vont parler du changement climatique, bonne excuse pour croire qu’il est inévitable et que l’on ne peut rien faire. Toutes les causes aggravantes des crues (crues qui sont nécessaires !) sont connues, répétées en boucle dans chaque réunion mais qui osera imposer les bonnes décisions ?

J’évoquerai l’artificialisation des sols (imperméabilisation), la modification de la morphologie des cours d’eau (rectification), certaines pratiques agricoles qui perdurent (massacre à la tronçonneuse, arrachage de haies, drainage, retournement des prairies en fond de vallée, extension de la culture du maïs), les boisements et déboisements irraisonnés avec les conséquences observées : montée des eaux très rapides, ruissellement, déstabilisation et érosion des berges et des terres labourées, envahissement par des plantes invasives, réchauffement des eaux, coulées de boue, glissements de terrain, colmatage des rivières.

Il est temps de changer certaines pratiques. Je constate toutefois qu’il y a une prise de conscience à certains niveaux de la nécessité de modifier nos politiques environnementales : avec l’Agence de l’eau dans le cadre de la préparation du XI programme (2019 – 2021), avec la Région Grand-Est, dans l’élaboration du Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET). Les collectivités locales ont aussi reçu la compétence : Gestion des Eaux des Milieux Aquatiques et Prévention des inondations (GEMAPI).  Nous reviendrons plus en détail dans d’autres éditions sur les priorités de ces plans en espérant qu’ils seront appliqués, coordonnés et surtout cohérents entre eux !

Pour nous pêcheurs, ces épisodes de crues ont sûrement remodelé le lit de nos rivières. Aussi chaque AAPPMA doit effectuer le tour de son patrimoine pour faire un point de situation ! Les conditions de ces crues avec absence de gel vont au moins reconditionner les nappes phréatiques et redonner du débit à nos rivières qui ont subi plusieurs épisodes d’étiage ces dernières années. Pour le milieu aquatique ces crues sont bénéfiques si elles ne sont pas trop à répétition.  Elles permettent un bon nettoyage (plantes invasives, algues, vases) et une remise en circulation des alluvions, des graviers des roches (lorsque la continuité est assurée). Pour le fraie du brochet, les eaux hautes sont nécessaires pour l’accès aux frayères, aux annexes hydrauliques. En revanche, à certains endroits les frayères à truite ont été « lessivées » et certains ruisseaux ont été colmatés suite à la forte érosion de berges sur les terrains agricoles.

Je terminerai par une observation : il est toutefois scandaleux de voir la quantité de déchets, de tous ordres, véhiculés par les crues malgré les efforts fait par notre département pour le tri sélectif !

A noter enfin que cette lettre fédérale est la douzième …