Le mot du Président fédéral JE SUIS PECHEUR : « Je Vois la Vie en Vosges »

L’ ombre commun : espèce à haute valeur patrimoniale … « vulnérable » !

Autre temps fort après les ouvertures de la truite et des carnassiers, est l’ouverture de la pêche de l’ombre commun qui a eu lieu le samedi 19 mai. Ouverture plus confidentielle qui attire et s’adresse à une population de pêcheurs passionnés, notamment à la mouche, pour cette espèce qui mérite toute notre attention. Aussi, dans cet éditorial, nous faisons un petit historique de sa gestion.

L’ombre commun, espèce à haute valeur patrimoniale, est classée « vulnérable » sur la liste rouge nationale. Ce poisson est d’instinct grégaire et s’alimente tout au long de l’année, notamment de septembre à novembre.

En dehors de ses secteurs protégés, la pêche fait l’objet d’une réglementation spécifique dans notre département : la taille de capture est de 35 cm avec un quota journalier maximum de 2 individus par pêcheur. Une autre mesure mise en place est de ne pas marcher dans l’eau avant l’ouverture de l’ombre pour ne pas « patauger » dans les zones de frayères et détruire les oeufs de salmonidés enfouis dans les graviers.

Depuis 2003, à l’initiative de l’Entente halieutique de la Moyenne Moelle, sur le secteur situé entre la limite avec la Meurthe et Moselle et Epinal, sa pêche est réglementée en No-kill. A savoir, que c’est un rare parcours français classé en seconde catégorie piscicole. La population du bassin Moselle, se reproduit naturellement et ne fait plus l’objet de rempoissonnement en ombrets pré-estivaux. Forte de cette expérience, la fédération s’est engagée à compter de 2007 à la mise en œuvre d’un « plan ombre départemental », notamment sur la Haute Moselle où des opérations de suivi des populations ont été programmées.

De 2014 à 2016, un plan de rempoissonnement a été mené sur le bassin de la Meurthe où des pêches d’inventaires effectuées en été 2017 montre que la population s’est bien implantée et que la reproduction naturelle de l’espèce est effective.

Depuis 2017, des sites de la Vologne et le Côney (voir lettre fédérale n°11) font l’objet de rempoissonnements en pré-estivaux pour étudier un suivi de l’implantation des ombres jusqu’en 2019. Un autre projet sur la Meuse en concertation avec l’AAPPMA de Neufchâteau pourrait voir le jour !

Le suivi des populations est effectué par pêche d‘inventaire sur les secteurs de référence. Les observations et informations données à l’occasion des compétitions de pêche à la Mouche ainsi que celles des pêcheurs nous sont très utiles pour le suivi de l’évolution des populations de ce poisson.

Toutefois, les populations d’ombres sont très fluctuantes et fragiles. En effet, les reproductions annuelles, qui se déroulent d’avril à mai peuvent être mises à mal, soit par des maladies qui impactent certains reproducteurs ou par les crues de printemps (lessivage). D’autre part, la prédation du Grand cormoran est un facteur très limitant, notamment en hiver car l’ombre est en activité alimentaire toute la journée et se déplace en banc, il est donc très vulnérable ! Dans ce cas, les solutions ont des limites : présence assidue des pêcheurs au bord de l’eau pour effaroucher l’oiseau noir ou régulation intense à tir … Là, c’est une autre histoire !

Observons, pêchons et respectons ce très beau poisson !