Réintroduction de saumons dans la Moselotte

//Réintroduction de saumons dans la Moselotte

Réintroduction de saumons dans la Moselotte

Depuis 2011 l’Association Saumon-Rhin et le Conservatoire National du Saumon Sauvage accompagnés de la Fédération des Vosges pour la Pêche et la Protection du Milieu Naturel interviennent dans les eaux vosgiennes afin de réintroduire le saumon.. La disparition de cette espèce est principalement liée à la construction de barrages et à l‘accident industriel de 1986 chez Sandoz. L’incendie de cette usine a tué des milliers de poissons dans le Rhin et a détruit l’écosystème.

 

Cycle de vie du saumon

Le saumon est un salmonidé tout comme la truite ou encore l’ombre. Cette famille est reconnue pour son endurance et sa force à remonter les cours d’eau. En effet, le saumon vit entre les rivières et les mers ou océans, ainsi il peut parcourir plusieurs milliers de kilomètres chaque année.
Il est vrai que le cycle de vie du saumon ressemble à un grand voyage. A la suite du frai, rapprochement sexuel chez les poissons qui s’effectue de novembre à décembre, la femelle dépose ses œufs en eau douce dans un nid appelé frayère. Il  se situe dans moins d’un mètre d’eau où un courant plutôt fort circule pour une meilleure oxygénation aidée par la présence de graviers. Une ponte est évaluée de 2000 jusqu’à 5000 œufs dont en moyenne 90% seront fécondés. Puis, l’incubation dure environ 100 jours selon les températures de l’eau. Ensuite, l’œuf éclos donne lieu à un alevin, puis à un tacon qui vit un à trois ans dans sa rivière natale. Plus grand, il passe au stade de saumoneau aussi appelé smolt. Il subit une métamorphose physiologique qui lui permet de se rendre dans les eaux salées pour y séjourner un an. Au stade adulte, le saumon migre vers sa rivière natale, cela s’appelle le homing. Durant son voyage, qui peut durer de quelques semaines à un an, il arrête de se nourrir et vit sur ses réserves. Épuisés à leur arrivée, peu de saumons arrivent à retourner dans l’océan pour y effectuer un deuxième cycle de vie.

 

Cycle de vie du saumon, Illustration de J.O. Penanen, Fédération du saumon Atlantique

 

Où trouve-t-on le saumon en France ?

Au XVIIIe siècle le saumon était présent sur la presque totalité des cours d’eau français, cependant, le nombre de poissons ne cessent de diminuer depuis ces trente dernières années. En effet, dans les années 1970, le nombre de saumons s’élevaient à 10 millions alors qu’aujourd’hui on en compte que 3,6 millions dans nos cours d’eau. Cette diminution est due à l’aménagement des rivières (barrages, écluses,…), à la surpêche, à la pollution via l’agriculture et l’industrialisation des milieux, qui créent des obstacles à la migration des saumons et à la création de frayères.

Aujourd’hui on retrouve le saumon dans une cinquantaine de courants principalement dans la Loire, la Garonne, la Dordogne, l’Allier, le Rhin, l’Adour et les fleuves côtiers bretons.

Le Rhin était auparavant le plus grand fleuve à saumons d’Europe. En effet, il y a 100 ans, il en accueillait près d’un million mais les aménagements du territoire tels que les barrages électriques et surtout l’accident industriel de Sandoz ont détruit le milieu de vie des saumons réduisant considérablement leur nombre. C’est pour cela que depuis 1991, la Commission internationale de protection du Rhin (CIPR) réintroduit le saumon dans les affluents du fleuve.

 Le processus de réintroduction

Le 20 février 2017, une opération de réintroduction d’œufs de saumons a été lancée dans la Moselotte, sous-affluent du Rhin et ses ruisseaux environnants. Elle a été encadrée par Marc Gehin et Serge Dumont administrateurs du « Plan Saumon ». Ce plan soulève la problématique de la qualité de la Moselle actuelle pour l’adaptation des saumons.

Grille de cinq-cents œufs de saumons, Cornimont

Deux intervenants de l’association Saumon-Rhin ont apporté 10 000 œufs de saumons du Conservatoire National du Saumon Sauvage (CNSS). Depuis 2011, ils agissent dans le secteur de Cornimont deux fois par an : une réintroduction et un contrôle par pêche électrique pour évaluer le nombre de poissons qui remontent depuis le Rhin. Le but est de tester l’imprégnation de l’espèce selon une technique de réinsertion et un stade précis de développement de l’animal (ici, stade de l’œuf) en sachant que plus le saumon est inséré tôt dans l’eau, meilleure sera son adaptation.
A la réception des œufs de saumons, il faut tout d’abord les adapter à la température extérieure pour ne pas les choquer lors de l’opération. En effet, les œufs de saumons sont très fragiles et précieux, un écart de température trop grand pourrait les tuer.

Ensuite, l’équipe est passée au comptage des œufs de poissons qui est une étape importante et minutieuse afin d’établir des statistiques concluantes et surtout de contrôler les vols éventuels. Grâce à des grilles de 100 et 500 alvéoles et d’une plume, nécessaire pour ne pas abîmer la membrane, l’équipe s’est mise à compter les œufs.
Puis, ils ont été répartis par 300 dans des Boites de Vibert.

Boites de Vibert

Ces boîtes ont été créées par Richard Vibert en 1949 pour remédier à la baisse de remontée de saumon qui s’opérait déjà. Il s’inspira de la « Caisse Harrison » très utilisée sur les côtes du Pacifique dans les années 1920. Cette petite boite est percée de nombreux trous assez fins pour bloquer les œufs mais suffisamment larges pour que les alevins puissent sortir et terminer leur développement sous les graviers. En 2009, 1.5 millions de boites ont été vendues en France et dans le monde.

Pose d’oeufs dans la boite de Vibert

Enfin, les boites ont été dispatchées dans les eaux de Cornimont, Vagney et Thiéfosse.

Après avoir planté un piquet métallique dans un environnement correspondant aux caractéristiques de développement des œufs de saumons (gravier, courant rapide et niveau inférieur à un mètre d’eau), la boite de Vibert est attachée et recouverte de graviers et pierres. Cette procédure permet de reconstituer une frayère : les alevins vont pouvoir se développer sous les graviers.

Marc Gehin et Serge Dumont, administrateurs du « Plan saumon »

Durant cette journée, 2100 œufs ont été implantés dans la Moselotte, le restant est mis en élevage et les alevins seront intégrés dans la rivière dans le courant d’Avril quand ils atteindront la taille de 2cm.

Il ne faut pas oublier que l’objectif premier du « plan saumon » est de créer plus de passes à poisson au niveau des barrages pour permettre la montaison des poissons migrateurs.

 

 

Voici une vidéo montrant le déroulement de la pose d’une boite de vibert remplie de 300 oeufs de saumon dans la Moselotte :

 

 

 

 

 

By |2017-03-01T16:03:11+00:00février 23rd, 2017|Actualités Fédérales|0 Comments

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